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Prelevement assurance vie : fiscalité, prélèvements sociaux et exonérations possibles

Prelevement assurance vie : fiscalité, prélèvements sociaux et exonérations possibles

Prelevement assurance vie : fiscalité, prélèvements sociaux et exonérations possibles

Les « prélèvements » sur l’assurance vie font souvent peur : impôts, prélèvements sociaux, fiscalité en cas de décès… De quoi décourager les épargnants les plus motivés. Pourtant, bien comprise, la fiscalité de l’assurance vie reste l’une des plus avantageuses du marché. Voyons, de manière claire et concrète, ce qui est vraiment prélevé sur votre contrat, à quel moment, et comment limiter la facture.

Ce qui est (vraiment) taxé dans une assurance vie

Premier point essentiel : ce ne sont pas vos versements qui sont imposés, mais les gains (intérêts, plus-values). Le capital que vous avez déposé est toujours récupérable sans impôt sur le revenu.

Lors d’un rachat (retrait partiel ou total), l’administration considère que vous retirez une part de capital et une part d’intérêts. Seule la part d’intérêts est soumise à :

En cas de décès, ce ne sont plus les gains qui sont taxés, mais les sommes transmises au(x) bénéficiaire(s), avec un régime très spécifique et souvent très avantageux.

Prélèvements pendant la vie du contrat : ce qu’il faut savoir

La plupart des épargnants associent fiscalité et assurance vie uniquement au moment du retrait. Pourtant, des prélèvements interviennent aussi pendant la vie du contrat, notamment les prélèvements sociaux sur les fonds en euros.

Deux grands cas :

En résumé, même sans toucher à votre contrat, une partie des gains du fonds en euros est déjà « nettoyée » des prélèvements sociaux. En UC, la fiscalité sociale est reportée à plus tard, ce qui peut être intéressant pour laisser capitaliser.

Fiscalité des rachats : PFU ou barème de l’impôt sur le revenu

Depuis la réforme de 2018, la fiscalité des rachats d’assurance vie s’articule autour du prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé « flat tax », à 12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 % au total. Mais la réalité est un peu plus subtile, notamment après 8 ans.

Deux paramètres déterminants :

Avant 8 ans : un régime désormais assez simple

Pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017 :

Pour les anciens versements (avant le 27/09/2017), des régimes historiques (prélèvement forfaitaire libératoire) peuvent subsister, mais pour la grande majorité des épargnants, l’enjeu se situe désormais surtout sur les versements récents et sur ce qui se passe après 8 ans.

Après 8 ans : l’abattement qui change tout

Une fois les 8 ans révolus, l’assurance vie montre tout son intérêt fiscal. Chaque année, vous bénéficiez d’un abattement sur les gains retirés :

Concrètement, cela signifie que si les intérêts inclus dans vos retraits annuels restent sous ce plafond, vous ne payez aucun impôt sur le revenu sur ces gains (seuls les prélèvements sociaux restent dus).

Après application de cet abattement, les gains au-delà de 4 600 € / 9 200 € sont taxés :

À cela s’ajoutent toujours les 17,2 % de prélèvements sociaux.

Autrement dit, après 8 ans, pour beaucoup d’épargnants, la taxation réelle de l’assurance vie devient très modérée, voir quasi nulle si les retraits sont calibrés pour rester sous l’abattement annuel.

Exemple concret de rachat : combien payez-vous vraiment ?

Imaginons un contrat de plus de 8 ans, détenu par une personne seule, avec :

Vous effectuez un rachat partiel de 10 000 €. La part de gains contenue dans ce retrait est proportionnelle :

Comme votre contrat a plus de 8 ans :

Résultat : sur 10 000 € retirés, l’impôt sur le revenu est de 0 €, et la « facture » fiscale se limite aux prélèvements sociaux.

Les cas d’exonération totale d’impôt sur le revenu

Au-delà de l’abattement après 8 ans, la loi prévoit plusieurs situations dans lesquelles les rachats d’assurance vie sont exonérés d’impôt sur le revenu, quel que soit l’âge du contrat.

Les gains retirés sont exonérés d’IR (mais pas des prélèvements sociaux) si le rachat intervient à la suite de :

Attention : cette exonération suppose généralement que le rachat intervienne dans une certaine période après l’événement (souvent dans l’année) et que vous puissiez en justifier (attestation Pôle emploi, décision de justice, etc.).

Elle peut constituer un vrai « coussin de sécurité » : l’assurance vie peut alors être mobilisée sans surcoût fiscal au moment où vous en avez le plus besoin.

Prélèvements sociaux : 17,2 % mais pas toujours de la même façon

Les prélèvements sociaux sont souvent le parent pauvre des discussions sur l’assurance vie, alors qu’ils pèsent lourd (17,2 % tout de même). Leur mode de prélèvement dépend du support :

En cas de moins-value globale sur le contrat, vous ne payez pas de prélèvements sociaux sur des gains qui n’existent pas (heureusement). En revanche, il n’existe pas de mécanisme général permettant d’imputer ces moins-values sur d’autres revenus.

Fiscalité en cas de décès : un outil puissant de transmission

L’un des grands atouts de l’assurance vie se joue au moment du décès de l’assuré. Contrairement à une idée répandue, il ne s’agit pas d’un « produit hors succession » dans l’absolu, mais la fiscalité applicable aux capitaux transmis est souvent très favorable.

Les règles diffèrent selon que les primes ont été versées avant ou après 70 ans.

Sommes versées avant 70 ans : l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire

Pour les primes versées avant 70 ans, les capitaux décès transmis à chaque bénéficiaire désigné dans le contrat bénéficient d’un régime spécifique (article 990 I du CGI) :

Exemple rapide : vous avez deux enfants bénéficiaires, et un capital de 400 000 € issu de primes versées avant 70 ans. Chaque enfant reçoit 200 000 €. Chacun bénéficie de 152 500 € d’abattement, soit :

À comparer avec les droits de succession classiques, souvent plus lourds, surtout pour des bénéficiaires non héritiers directs.

Sommes versées après 70 ans : un abattement global de 30 500 €

Pour les primes versées après 70 ans (article 757 B du CGI) :

Conclusion pratique : il est généralement intéressant, quand on le peut, de verser une part significative sur son assurance vie avant 70 ans pour profiter de l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire, tout en sachant que l’assurance vie garde un intérêt même après 70 ans, grâce à l’exonération des gains.

Exonérations spécifiques et optimisations à connaître

Au-delà des grands principes, plusieurs points permettent d’optimiser la fiscalité de votre assurance vie :

Comment limiter les prélèvements sur votre assurance vie ?

Quelques réflexes simples permettent de réduire la note fiscale, sans entrer dans une ingénierie complexe :

Bien utilisée, l’assurance vie reste à la fois un outil d’épargne, de complément de revenus et de transmission, avec une fiscalité souvent plus douce qu’on ne l’imagine.

Si vous avez plusieurs contrats, des versements anciens et récents, ou une situation familiale un peu complexe (enfants de différentes unions, proches à protéger, etc.), un bilan complet peut être utile pour arbitrer : faut-il racheter, changer de clause bénéficiaire, ouvrir un contrat pour un proche… Autant de décisions qui peuvent faire une vraie différence sur les prélèvements futurs.

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