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Marchand de biens : avantages et inconvénients pour investir dans l’immobilier avec ce statut

Marchand de biens : avantages et inconvénients pour investir dans l’immobilier avec ce statut

Marchand de biens : avantages et inconvénients pour investir dans l’immobilier avec ce statut

Le statut de marchand de biens fait régulièrement fantasmer les amateurs d’immobilier : achats avec fortes décotes, opérations rapides, plus-values importantes, fiscalité optimisée… Sur le papier, tout semble parfait. Dans la réalité, c’est un statut extrêmement encadré, avec de vrais atouts, mais aussi des risques, notamment fiscaux et de trésorerie.

Est-ce un bon moyen d’investir dans l’immobilier quand on est particulier ? Faut-il créer une structure de marchand de biens pour « booster » ses projets ? Regardons cela en détail, avec un regard d’investisseur individuel.

Qu’est-ce qu’un marchand de biens, concrètement ?

Juridiquement, le marchand de biens est un professionnel qui achète des biens immobiliers (ou des droits immobiliers) pour les revendre en réalisant un bénéfice, dans le cadre d’une activité habituelle.

Deux éléments sont essentiels :

Le marchand de biens peut :

Le cœur du modèle : acheter moins cher que la valeur de marché (décote liée à l’état, au contexte, à la complexité juridique), créer de la valeur (travaux, division, optimisation) et revendre rapidement.

Comment ce statut se distingue d’un investisseur locatif classique ?

Le marchand de biens ne cherche pas la rente locative mais la plus-value de revente rapide. Là où l’investisseur locatif achète pour conserver le bien et percevoir des loyers, le marchand de biens :

Autre différence majeure : le traitement fiscal. L’investisseur particulier est imposé à la plus-value des particuliers (avec abattements dans le temps), alors que le marchand de biens est imposé comme un commerçant (BIC), avec TVA dans la plupart des cas.

Dès lors, utiliser le statut de marchand de biens pour un simple achat-revente isolé n’a pas forcément de sens. Il devient pertinent quand vous avez une vraie stratégie d’enchaînement d’opérations.

Les principaux avantages du statut de marchand de biens

Malgré sa complexité, le statut comporte de réels leviers intéressants, surtout pour les profils avertis.

Un accès à des opérations à forte valeur ajoutée

En se positionnant comme professionnel, le marchand de biens peut cibler des opérations souvent moins accessibles aux particuliers :

Les vendeurs (agences, notaires, institutionnels) ont tendance à préférer des acheteurs professionnels pour ce type de dossiers : délais plus courts, meilleure maîtrise des contraintes techniques, capacité à gérer les aléas. Cela donne parfois accès à des prix plus attractifs.

Un régime fiscal adapté aux opérations d’achat-revente

Le marchand de biens n’est pas imposé à la plus-value immobilière des particuliers, mais au régime des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).

Qu’est-ce que cela change ?

Autre point clé : la TVA sur marge. Dans certaines opérations (notamment sur l’ancien), le marchand de biens peut :

Ce mécanisme peut améliorer significativement la rentabilité, à condition de bien respecter les règles, car la TVA est un sujet très sensible en cas de contrôle.

Une réduction potentielle des frais de notaire

Les marchands de biens bénéficient, dans certains cas, d’un régime de droit d’enregistrement réduit à l’achat s’ils s’engagent à revendre dans un délai donné (souvent 5 ans).

Les fameux « frais de notaire » peuvent ainsi être sensiblement plus faibles que pour un particulier, ce qui :

Ce régime n’est pas automatique et dépend du type d’opération, de l’engagement de revente et du respect strict des conditions.

Un effet de levier plus puissant… si la trésorerie suit

Le modèle du marchand de biens repose sur un cycle court et une forte rotation du capital. L’objectif est en général :

Un exemple simplifié pour illustrer :

Ce mécanisme d’« escalier » est ce qui attire beaucoup d’investisseurs. Mais il suppose d’être très rigoureux sur les délais, la maîtrise des coûts et la gestion des risques. Un seul projet raté peut grignoter plusieurs années de profits.

Les gros inconvénients et risques du statut de marchand de biens

Pour chaque avantage, il existe un revers de médaille. Ignorer ces points peut coûter cher, parfois très cher.

Une fiscalité lourde et techniquement complexe

Le marchand de biens jongle avec :

Deux conséquences pratiques :

Autre difficulté : le rythme de la fiscalité ne suit pas toujours celui de la trésorerie. Vous pouvez avoir :

Ce décalage est un vrai risque si la planification n’est pas rigoureuse.

Une responsabilité et une exposition juridique accrues

En tant que professionnel, vous êtes tenu à des obligations renforcées vis-à-vis des acheteurs :

Vendre un bien rénové en tant que marchand de biens, ce n’est pas simplement « rafraîchir » et encaisser la plus-value. Il faut :

Un litige avec un acquéreur (fuite, défaut structurel, non-conformité urbanistique) peut mobiliser temps, énergie et argent, parfois sur plusieurs années.

Une trésorerie sous tension permanente

Le marchand de biens vit avec une contrainte forte : la quasi-totalité du projet est financée à court ou moyen terme, avec des échéances bancaires et des charges fixes, sans revenus locatifs récurrents pour amortir les aléas.

Les principaux risques :

Un simple décalage de 6 mois sur la revente peut :

C’est un métier de gestion de projet autant qu’un métier d’investissement.

Un accès au financement parfois plus compliqué

Les banques ne regardent pas un marchand de biens comme un couple qui achète sa résidence principale. Elles se posent des questions très concrètes :

Conséquences possibles :

Cela ne veut pas dire que le financement est impossible, mais que l’accès est plus sélectif, surtout pour un premier projet.

Le risque de requalification fiscale pour les particuliers « trop actifs »

Un point important si vous n’êtes pas officiellement marchand de biens, mais que vous faites beaucoup d’achats-reventes en tant que particulier : le fisc peut requalifier votre activité en activité professionnelle.

En clair : si vous enchaînez les opérations d’achat-revente à court terme, sans intention de location ou d’occupation, l’administration peut considérer que vous êtes en réalité marchand de biens… sans l’assumer.

Les conséquences potentielles :

Ce point doit être pris très au sérieux : jouer au marchand de biens « caché » n’est pas une bonne stratégie sur le moyen terme. Si vous voulez faire de l’achat-revente de manière récurrente, mieux vaut structurer proprement votre activité.

Pour quels profils le statut de marchand de biens est-il adapté ?

Compte tenu des avantages et des contraintes, le statut de marchand de biens convient plutôt :

En revanche, cela me semble peu adapté :

Marchand de biens ou investissement locatif : que privilégier ?

Si l’on compare les deux approches :

Le choix dépend de vos objectifs :

On peut aussi imaginer une approche hybride : démarrer par de l’investissement locatif pour se former au terrain, puis envisager quelques opérations de marchand de biens une fois un socle de compétences et de contacts établi.

Les bonnes pratiques avant de se lancer

Avant de créer une société de marchand de biens, quelques étapes intermédiaires peuvent éviter des regrets :

Le statut de marchand de biens ne transforme pas une mauvaise affaire en bonne opération. Il amplifie simplement les effets de votre compétence (ou de vos erreurs). C’est un accélérateur, dans un sens comme dans l’autre.

En résumé, investir avec le statut de marchand de biens peut être un formidable levier pour les épargnants qui veulent professionnaliser leur approche de l’immobilier, acceptent une part élevée de risque opérationnel et sont prêts à se former sérieusement. Pour les autres, les outils plus classiques – investissement locatif, SCPI, foncières cotées, crowdfunding immobilier – resteront souvent plus adaptés à une construction patrimoniale sereine.

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