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Imposition plus values mobilières : barème, pfu, abattements et optimisation de la fiscalité boursière

Imposition plus values mobilières : barème, pfu, abattements et optimisation de la fiscalité boursière

Imposition plus values mobilières : barème, pfu, abattements et optimisation de la fiscalité boursière

Dans un contexte de hausse des taux et de rendements boursiers en dents de scie, la fiscalité peut faire la différence entre un portefeuille performant… et un portefeuille qui stagne. Les plus-values mobilières (actions, ETF, OPCVM, etc.) sont imposées selon des règles qui paraissent complexes au premier abord, mais qui deviennent assez logiques une fois bien décryptées.

Faut-il choisir le prélèvement forfaitaire unique (PFU) ou le barème progressif de l’impôt sur le revenu ? Que deviennent les fameux abattements pour durée de détention ? Et surtout : comment optimiser, légalement, la fiscalité de vos gains boursiers ? C’est ce que nous allons voir ensemble.

Qu’est-ce qu’une plus-value mobilière au sens fiscal ?

La plus-value mobilière est le gain que vous réalisez lors de la vente (ou du rachat) d’un titre financier : action, part de SICAV ou FCP, certains ETF, etc. Fiscalement, elle se calcule de manière assez simple :

Plus-value = Prix de vente – Prix d’achat – Frais (courtage, etc.)

Quelques précisions importantes :

Les règles qui suivent s’appliquent aux particuliers fiscalement résidents en France, pour des titres logés sur un compte-titres ordinaire (CTO). PEA, assurance vie ou PEA-PME obéissent à des logiques spécifiques.

PFU ou barème progressif : le premier grand choix fiscal

Depuis 2018, les gains boursiers sont, par défaut, soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), également appelé « flat tax ».

Ce PFU est composé de :

Mais ce n’est pas la seule option. Vous pouvez, sur votre déclaration de revenus, opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Dans ce cas :

Attention : le choix PFU vs barème est global pour l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers de l’année (dividendes, intérêts, plus-values), vous ne pouvez pas panacher au cas par cas.

La fiscalité des plus-values au PFU (flat tax)

Si vous ne faites rien, le PFU s’applique par défaut. Pour la plupart des investisseurs, c’est la solution la plus simple… et souvent la plus efficace.

Concrètement, sur votre plus-value nette de l’année :

Exemple simple :

Vous achetez pour 5 000 € d’actions, que vous revendez 8 000 € deux ans plus tard. Vous réalisez une plus-value brute de 3 000 €. Supposons 50 € de frais de courtage à l’achat + à la vente, soit 100 € au total.

Plus-value taxable = 3 000 – 100 = 2 900 €

Imposition :

Avantages du PFU :

La fiscalité des plus-values au barème progressif

Si vous cochez l’option « barème progressif » lors de votre déclaration de revenus, vous renoncez au PFU pour l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l’année, mais vous gagnez :

Le schéma de base :

Quand le barème peut-il être plus avantageux ?

Les abattements pour durée de détention : un dispositif en voie d’extinction… mais encore utile

Les abattements pour durée de détention ont été largement rabotés par la réforme du PFU, mais ils n’ont pas totalement disparu. Ils peuvent encore s’appliquer si :

Deux grands régimes coexistent encore :

Illustration avec le régime de droit commun :

Attention : cet abattement ne s’applique que à la part « impôt sur le revenu », pas aux prélèvements sociaux. C’est d’ailleurs un point souvent mal compris par les épargnants.

Exemple :

Vous réalisez en 2026 une plus-value de 10 000 € sur des actions achetées en 2012 (donc plus de 8 ans de détention), éligibles à l’abattement de 65 % et vous optez pour le barème.

Dans cet exemple, le barème est plus intéressant que le PFU (30 %), grâce à l’abattement. Tant que vous avez en portefeuille des titres « historiques » achetés avant 2018, un arbitrage fin PFU / barème peut donc valoir la peine.

Moins-values : comment les utiliser intelligemment ?

Les pertes ne font plaisir à personne, mais fiscalement, elles ont au moins une vertu : elles viennent réduire la facture future.

Les règles principales :

Concrètement, cela signifie que réaliser une moins-value aujourd’hui peut vous faire économiser de l’impôt demain. C’est l’une des bases du fameux « tax loss harvesting » popularisé dans les pays anglo-saxons.

Exemple :

En 2025 :

Votre plus-value nette imposable est de :

5 000 – 3 000 = 2 000 €

Sans cette moins-value, vous auriez été imposé sur 5 000 €. Elle réduit donc immédiatement votre base taxable, que vous soyez au PFU ou au barème.

Optimiser la fiscalité boursière : les bons réflexes

Venons-en à la partie la plus utile pour l’investisseur particulier : comment organiser ses placements pour réduire la note fiscale, sans prendre de risques inutiles ni jouer au funambule avec la loi ?

Arbitrer PFU / barème avec méthode

Le premier niveau d’optimisation consiste à simuler les deux régimes chaque année avant de valider votre déclaration.

Vous pouvez privilégier le barème si :

Vous resterez plutôt au PFU si :

La plupart des simulateurs fiscaux en ligne permettent aujourd’hui de comparer les deux options assez rapidement.

Jouer sur les dates : vendre cette année… ou l’année prochaine ?

La fiscalité des plus-values est calculée année par année. Selon votre situation, il peut être malin de :

Autrement dit, votre calendrier de cession peut être un véritable outil de gestion fiscale, au même titre que le choix des titres.

Exploiter les moins-values sans dégrader votre stratégie d’investissement

Une approche fréquente consiste à :

Attention cependant à ne pas vendre uniquement pour des raisons fiscales des titres que vous jugiez encore pertinents à long terme. La fiscalité doit accompagner votre stratégie, pas la dicter.

Certains investisseurs, par exemple, vendent une ligne en perte pour matérialiser une moins-value, puis se repositionnent sur un ETF très proche (mais pas strictement identique) pour rester exposés au marché, tout en respectant le cadre fiscal.

Utiliser les enveloppes fiscalement avantageuses : PEA, assurance vie & co.

Si vous investissez en bourse via un compte-titres ordinaire uniquement, vous vous privez de l’un des principaux leviers d’optimisation : le choix de l’enveloppe.

Quelques rappels :

Une stratégie fréquemment efficace consiste à :

Le but : faire « travailler » vos gains dans des enveloppes où ils ne subiront pas immédiatement la fiscalité sur les plus-values, afin de capitaliser plus efficacement.

Ne pas négliger l’effet des frais et du turnover

Un point rarement abordé quand on parle de fiscalité boursière : plus vous achetez et vendez souvent, plus :

Une rotation excessive du portefeuille peut ainsi rogner sérieusement la performance nette, surtout pour les particuliers qui n’ont pas le même accès aux frais ultra-compétitifs que les institutions.

À l’inverse, une approche patiente et disciplinée, basée sur des ETF ou des titres de qualité gardés sur le long terme, tend à :

Oui, parfois, la meilleure optimisation fiscale consiste simplement à… ne pas toucher à ses titres.

En résumé : transformer la fiscalité boursière en alliée

La fiscalité des plus-values mobilières en France peut sembler labyrinthique, avec ses PFU, barème, abattements et enveloppes diverses. Mais en réalité, quelques principes permettent déjà de reprendre la main :

La fiscalité ne doit pas être un frein à l’investissement boursier, mais un paramètre parmi d’autres dans la construction de votre stratégie. Avec un peu de méthode et quelques simulations, il est tout à fait possible de faire travailler votre argent en bourse… sans donner plus que nécessaire au fisc.

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