Combien peut on mettre sur un livret developpement durable et solidaire et comment l’utiliser au mieux

Combien peut on mettre sur un livret developpement durable et solidaire et comment l’utiliser au mieux

Rappel : qu’est-ce que le LDDS et à quoi sert-il ?

Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) est un livret réglementé, au même titre que le Livret A. Il est distribué par la quasi-totalité des banques, rémunéré à un taux fixé par l’État, et surtout : ses intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

Son objectif officiel ? Financer la transition énergétique, le développement durable et l’économie sociale et solidaire. Concrètement, pour vous, c’est surtout un support :

  • garanti par l’État ;
  • liquide (retraits possibles à tout moment) ;
  • sans frais d’ouverture, de gestion ni de clôture ;
  • à rendement connu et sans risque de perte en capital.

Il joue donc le rôle de coussin de sécurité ou de complément au Livret A. Mais encore faut-il savoir combien vous pouvez réellement y déposer… et comment l’utiliser intelligemment.

Combien peut-on mettre sur un LDDS ?

Le LDDS est plafonné. Ce plafond est fixé par l’État et s’applique à tous les établissements bancaires, sans exception.

À la date de rédaction de cet article (données connues jusqu’en 2024), le plafond du LDDS est de :

12 000 € de versements maximum par personne, hors intérêts capitalisés.

Cela signifie que :

  • Vous pouvez verser jusqu’à 12 000 € de capital sur votre LDDS ;
  • Les intérêts qui se rajoutent chaque année peuvent, eux, faire monter le solde au-dessus de 12 000 € ;
  • Vous n’avez pas besoin de retirer pour “faire de la place” aux intérêts : le plafond ne concerne que vos versements, pas la valeur totale du livret.

Exemple simple :

  • Vous atteignez progressivement 12 000 € de dépôts sur votre LDDS ;
  • Avec les intérêts, votre solde passe à 12 360 € ;
  • Vous ne pouvez plus faire de nouveaux versements tant que le montant versé (hors intérêts) est au plafond, mais vous pouvez laisser les intérêts continuer à s’ajouter.

À noter : ce plafond peut être révisé par les pouvoirs publics. En cas de changement, les banques informent leurs clients et l’information est largement relayée dans les médias financiers.

LDDS : qui peut en ouvrir un et combien par personne ?

Les conditions d’ouverture sont simples :

  • Être majeur et résident fiscal en France ;
  • Ne détenir qu’un seul LDDS par personne (c’est une obligation légale) ;
  • Ouvrir le livret dans une banque installée en France.

À la différence du Livret A, un mineur ne peut pas ouvrir de LDDS. En revanche :

  • Dans un couple, chacun peut avoir son propre LDDS ;
  • Un foyer composé de deux adultes peut donc cumuler jusqu’à 24 000 € de plafond LDDS, hors intérêts.

Si vous possédez déjà un LDDS dans une banque et que vous voulez en ouvrir un autre ailleurs, il faudra d’abord clôturer le premier. Les banques sont tenues de vérifier que vous ne détenez pas plusieurs LDDS.

Quel est le taux du LDDS et comment sont calculés les intérêts ?

Le taux du LDDS est strictement identique à celui du Livret A. Il est fixé par l’État en fonction de plusieurs paramètres (inflation, taux interbancaires, etc.).

Depuis 2023, ce taux a été revu à la hausse pour faire face à l’inflation, puis stabilisé à 3 % net par an (taux applicable au Livret A et au LDDS, gelé jusqu’en janvier 2025). Ce chiffre pourra évoluer ensuite, mais le mécanisme restera le même :

  • Taux fixé par les pouvoirs publics ;
  • Intérêts exonérés d’impôt sur le revenu ;
  • Intérêts exonérés de prélèvements sociaux.

Autre point fondamental : le calcul des intérêts obéit à la règle de la quinzaine.

  • Les intérêts sont calculés tous les 15 jours (du 1er au 15, puis du 16 à la fin du mois) ;
  • Un versement commence à produire des intérêts à partir de la quinzaine suivante :
  • Un retrait arrête de produire des intérêts à partir de la quinzaine en cours.

Les intérêts sont ensuite versés une fois par an, au 31 décembre, et viennent s’ajouter au capital. C’est ce qu’on appelle la capitalisation : les intérêts de l’année suivante seront calculés sur “capital + intérêts de l’année précédente”.

Conséquence pratique : pour optimiser un peu votre rendement, essayez de :

  • Faire vos versements juste avant le 1er ou le 16 du mois ;
  • Effectuer vos retraits juste après le 1er ou le 16, lorsque la quinzaine est “acquise”.

LDDS et autres livrets : par quoi commencer ?

Le LDDS n’est jamais isolé. Il s’intègre toujours dans un ensemble : Livret A, éventuellement LEP, voire autres placements. L’ordre de priorité n’est pas le même pour tout le monde.

En pratique, pour un épargnant “classique”, la hiérarchie suivante est souvent pertinente :

  • Livret d’Épargne Populaire (LEP), si vous êtes éligible : son taux est généralement supérieur au Livret A et au LDDS. C’est en général le premier support à remplir pour son épargne de précaution.
  • Livret A : accessible à tous les résidents fiscaux, plafond plus élevé (22 950 € hors intérêts), même garantie et même fiscalité que le LDDS.
  • LDDS : excellent complément, surtout si vous avez utilisé les plafonds du LEP et du Livret A ou si vous souhaitez répartir votre épargne entre plusieurs banques.

Si vous n’êtes pas éligible au LEP, le trio “Livret A + LDDS” constitue une base très solide pour votre épargne de précaution. Cela représente :

  • Jusqu’à 34 950 € de versements par personne (22 950 € sur le Livret A + 12 000 € sur le LDDS), hors intérêts ;
  • Soit, pour un couple, près de 70 000 € potentiellement disponibles à tout moment, totalement sécurisés.

Au-delà, il devient pertinent d’envisager d’autres supports (fonds euros d’assurance-vie, PEL, voire placements plus dynamiques pour le long terme).

Comment utiliser son LDDS au mieux ?

Le LDDS est un outil simple, mais on peut l’utiliser de façon plus ou moins stratégique. Voici quelques bonnes pratiques.

Construire ou compléter son épargne de précaution

La première fonction du LDDS, c’est d’alimenter votre matelas de sécurité. En général, on recommande :

  • 3 à 6 mois de dépenses courantes placés sur des livrets sécurisés (Livret A, LDDS, LEP).

Par exemple, si votre foyer dépense 2 000 € par mois, viser 6 000 à 12 000 € d’épargne de précaution est un bon ordre de grandeur. Le LDDS est parfaitement adapté pour atteindre ce niveau, surtout si votre Livret A est déjà bien rempli.

Une façon de faire :

  • Commencer par remplir votre Livret A jusqu’au montant d’épargne d’urgence minimal que vous visez (ex : 3 mois de dépenses) ;
  • Utiliser ensuite le LDDS pour monter progressivement à 6 mois de dépenses, voire davantage si votre situation est instable (indépendant, revenus variables, projets de reconversion, etc.).

Éviter la tentation de l’épargne “qui dort” sur le compte courant

De nombreux particuliers laissent plusieurs milliers d’euros inutilisés sur leur compte courant “au cas où”. Résultat :

  • Argent disponible mais non rémunéré ;
  • Perte de pouvoir d’achat à cause de l’inflation ;
  • Visibilité floue sur ce qui est réellement “épargné”.

Le LDDS est très utile pour segmentation mentale de votre argent :

  • Compte courant : pour les dépenses du mois et les prélèvements à venir ;
  • LDDS : pour l’épargne doit rester disponible mais ne pas “traîner” sur le compte à vue.

L’idée est simple : dès que le solde de votre compte courant dépasse un certain seuil de confort (par exemple 1 500 ou 2 000 € selon votre profil), vous transférez le surplus sur votre LDDS. Vous conservez la flexibilité, tout en limitant l’argent qui “dort” sans produire d’intérêts.

Financer des projets à horizon court ou moyen terme

Le LDDS peut aussi servir de réservoir dédié à des objectifs précis :

  • Travaux dans le logement ;
  • Achat d’une voiture ;
  • Dépenses de santé importantes ;
  • Projet de formation ou de reconversion ;
  • Apport pour un futur crédit immobilier (si l’horizon est proche et que vous ne voulez pas prendre de risque).

Pour des projets à horizon de 1 à 3 ans, il est souvent raisonnable de rester sur des supports garantis, même si les placements dynamiques pourraient potentiellement rapporter davantage. Le LDDS, avec sa liquidité totale et sa fiscalité avantageuse, est un compromis intéressant.

Vous pouvez par exemple :

  • Définir une somme cible (ex : 8 000 € pour des travaux) ;
  • Mettre en place un virement automatique mensuel vers le LDDS (ex : 200 € par mois) ;
  • Suivre la progression régulièrement, tout en laissant les intérêts faire une partie du travail.

Gérer le plafond : que faire une fois les 12 000 € atteints ?

Atteindre le plafond du LDDS est une bonne nouvelle : cela signifie que votre épargne de précaution est déjà bien fournie. Mais il faut alors se poser la question de l’étape suivante.

Plusieurs options se présentent :

  • Votre Livret A n’est pas au plafond : vous pouvez continuer à verser dessus jusqu’à son plafond. L’allocation “Livret A + LDDS” restera 100 % liquide et sécurisée.
  • Livret A et LDDS sont tous les deux au plafond : il peut être pertinent d’ouvrir une assurance-vie en euros (pour préparer des objectifs à moyen / long terme) ou de vous intéresser à d’autres enveloppes (PEA, PER, etc.), en fonction de votre projet.
  • Vous avez trop de liquidités par rapport à vos besoins de sécurité : si vous avez par exemple l’équivalent de 18 mois de dépenses sur des livrets, il peut être intéressant de redéployer une partie vers des placements un peu plus rémunérateurs, quitte à accepter une part de risque sur l’horizon long terme.

Dans tous les cas, phase importante : faire le point sur vos objectifs. À partir du moment où l’épargne n’a plus de fonction de sécurité immédiate, elle doit être associée à un horizon temporel et à un projet (retraite, études des enfants, réduction du temps de travail, etc.).

Questions fréquentes sur le LDDS

Quelques interrogations reviennent régulièrement lorsqu’on parle de LDDS. Autant y répondre clairement.

Peut-on transférer un LDDS d’une banque à l’autre ?

Contrairement au Livret A, le transfert de LDDS d’une banque à une autre n’est pas systématiquement proposé. Dans la pratique, il est souvent plus simple de :

  • Clôturer votre LDDS actuel ;
  • Verser le solde sur votre compte courant ;
  • Ouvrir un nouveau LDDS dans la banque souhaitée et y transférer les fonds.

Les intérêts du LDDS comptent-ils dans le plafond de 12 000 € ?

Non. Le plafond concerne uniquement vos versements cumulés. Les intérêts peuvent faire monter votre solde au-delà de 12 000 € sans aucun problème. Vous cesserez simplement de pouvoir effectuer de nouveaux dépôts une fois les 12 000 € atteints, sauf si vous retirez une partie du capital.

Peut-on utiliser son LDDS pour des dons ou placements solidaires ?

Le LDDS comporte une dimension “solidaire” qui reste encore peu connue. Certaines banques proposent :

  • De verser une partie des intérêts à des associations ou projets solidaires sélectionnés ;
  • Ou de faire des dons ponctuels à partir du solde du LDDS.

Cette dimension dépend beaucoup de la politique commerciale de votre banque. Si cet aspect vous tient à cœur, cela vaut la peine de vous renseigner sur les options solidaires offertes par votre établissement.

Le LDDS est-il protégé en cas de faillite de ma banque ?

Oui. Comme le Livret A, le LDDS est un livret réglementé. Les sommes déposées sont garanties par l’État, ce qui en fait l’un des supports les plus sûrs disponibles pour les particuliers.

En résumé : où place le LDDS dans votre stratégie d’épargne ?

Le LDDS n’est pas le livret le plus médiatisé, mais il coche de nombreuses cases essentielles :

  • Plafond de 12 000 € par personne, hors intérêts ;
  • Taux identique au Livret A, avec intérêts exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux ;
  • Souplesse d’utilisation, sans frais, avec retraits possibles à tout moment ;
  • Rôle central dans l’épargne de précaution et les projets à court / moyen terme.

Pour exploiter pleinement son potentiel, l’important est de l’inscrire dans un ensemble cohérent :

  • Évaluer le niveau d’épargne de sécurité dont vous avez réellement besoin ;
  • Remplir en priorité les supports les plus adaptés à votre situation (LEP si vous y avez droit, puis Livret A et LDDS) ;
  • Ne pas laisser dormir de gros montants sur votre compte courant ;
  • Redéployer progressivement l’excédent de liquidités vers des placements plus rémunérateurs lorsque vos besoins de sécurité sont couverts.

Utilisé dans ce cadre, le LDDS devient bien plus qu’un simple “livret de plus” : c’est une brique solide de votre stratégie patrimoniale, à la fois simple, efficace et parfaitement adaptée aux besoins du quotidien.